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RETOUR CHEZ OUSMANE SONKO, LE JOUR D’APRÈS

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Des journalistes micros à la main, des hommes avec leurs cameras guettant les entrées et sorties menant au domicile de Sonko, quelques nervis du leader de « Pasteef » trainant un peu partout. Dans une file de voitures circulant, des piétons essayent de se frayer un chemin pour passer et le tout, sous l’œil de quelques policiers. Ces derniers se tiennent devant des grilles de barrières posées à l’entrée de la route menant chez Sonko. D’ailleurs, c’est le même schéma à toutes les entrées menant chez lui. Des cendres de pneus, des pierres tout autour des allées, des épaves des voitures brûlées hier, c’est le décor qu’on retrouve à la cité Keur Goorgui. Ce décor, résultat des confrontations qui ont eu hier entre les partisans de Sonko et les policiers.

Ici, les habitants ne se sont pas laissés ébranler par les manifestations de la veille, ils vaquent à leurs occupations même s’ils déplorent les évènements qui ont secoué leur quartier hier. Pas moyen d’en interroger un, ils semblent tous pressés car très occupés à chercher une voie qui mène à la grande route. La raison, tous les raccourcis sont barricadés par la police. Cette situation ne les enchantant guère, ils se contentent de rouspéter pour exprimer le calvaire.

Dans une rue, à deux pâtées des locaux de Prodac, une voiture brûlée stagne au beau milieu de la rue. Au volant d’une Citroën, un homme s’est arrêté pour exprimer sa déception face à cette situation. « Cette voiture qu’ils ont brûlée, le propriétaire n’est en rien responsable. C’est de la provocation et je trouve que c’est injuste ce déversement sur les biens d’autrui. Ce n’est pas ainsi qu’on doit montrer sa colère », a-t-il lancé à notre endroit avant de poursuivre sa route.

« Ça dépasse la personne de Sonko, c’est de notre démocratie qu’il s’agit »

Cette zone de la cité Keur Goorgui a également accueilli une certaine crème d’acteurs politiques et d’activistes. Comme s’ils s’étaient donné rendez-vous, le mouvement « Y’en a marre » ainsi que Mme Aminata Lô Dieng sont passés voir Ousmane Sonko mais pas ensemble. La raison de leurs visites reste la même « soutenir, encourager et renforcer » Ousmane Sonko. « Sous prétexte que les gens sont venus pour disperser une foule qui était massée devant M. Ousmane Sonko, toute la répression qu’on a vu hier avec tous ces jeunes qui sont blessés et certains qui sont en détention, il paraitrait que beaucoup seraient torturés d’ailleurs. Après avoir vu et observé toute la journée d’hier ce qui s’est passé, nous avons compris qu’il y a une machine qui était en marge pour créer les conditions d’une démocratie sans opposition au Sénégal. Et nous avons vu dans l’histoire récente tout ce qui s’est passé avec Karim Wade et très récemment avec Khalifa Sall. On s’est dit qu’il était de notre devoir soit de nous taire ou bien de faire face à cette réalité qui est claire dans la tête de tous les sénégalais et dire qu’il ne faut pas que ça passe. Et dès l’instant qu’on en arrive là, ça dépasse la personne de Sonko, c’est de notre démocratie qu’il s’agit. C’est l’affaire des politiques, des citoyens, de nos guides religieux, de la presse et de tous les sénégalais », exprime le coordonnateur du mouvement « Y’en a marre », M. Aliou Sané.

« Le Président Macky Sall a déclaré publiquement depuis 2012, qu’il va réduire l’opposition à sa plus petite expression. C’est un plan d’action qu’il est en train de mettre en œuvre. Il a exilé Karim Wade, empêché Khalifa Sall de se présenter de manière délibéré, il a récupéré dans son pouvoir le premier qui était dans l’opposition. Aujourd’hui, c’est Ousmane Sonko. Tout ceci ce sont des manœuvres politiques dont moi-même j’ai été victime il y a quelques jours. Rien de cela n’est fondé, c’est juste un plan d’action pour réduire l’opposition, confisquer nos libertés démocratiques mais ça ne passera pas. Nous ne laisserons pas faire et le peuple non plus. Nous avons acquis nos libertés démocratiques au prix de nombreuses luttes qui ont valu à des Sénégalais leur vie, leur emploi, leur éducation et ces libertés nous les avons acquises sur la base des luttes de tous les régimes qui se sont succédés. Ce n’est pas maintenant que Macky Sall va confisquer nos libertés en utilisant la justice à outrance, en utilisant les forces de l’ordre pour nous empêcher de nous exprimer ou de mener nos droits en tant qu’opposant. Aujourd’hui, la démocratie et les droits humains sont menacés, alors le peuple fera face et ne se laissera pas faire », martèle Mme Aminata Lô Dieng.


Et quant aux actes de vandalisme notés hier, M. Sané n’est pas passé par quatre chemins. Il tient le Président Macky Sall comme le seul responsable. « Il veut brûler le pays, il veut pousser le peuple à bout ». Mme Aminata Lô Dieng elle, penche plus pour une lutte avec moins de dégâts. « Ce pays nous appartient, nous ne devons pas verser dans le vandalisme. Nous allons nous battre oui, mais à notre manière ».

C’est un Ousmane Sonko « confiant et serein » que ses visiteurs ont trouvé chez lui. Un état d’esprit qu’il devra garder encore puisque l’Assemblée Nationale se réunit jeudi 11 février 2021 pour lever son immunité.

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