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Expansion de l’Aibd: Peur à Diass et à Keur Mousseu

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L’Aéroport international Blaise Diagne de Diass veut être le premier hub aérien sous-régional. Cette ambition est assujettie à la construction de plusieurs infrastructures prévue dans le périmètre aéroportuaire dont la superficie serait de 4500 ha. Mais, la réalisation de ces mégaprojets, à savoir la construction du Centre de maintenance aéronautique, une deuxième aérogare, une Académie des métiers de l’aviation, des hôtels, des parcs d’attraction, pourrait nécessiter le déplacement des villages présents dans le titre foncier de l’Aibd. Cette éventualité fait naître l’inquiétude chez les populations de Keur Mousseu et de Diass.

Rattrapé par des ambitions de grandeur, l’Aéroport international Blaise Daigne, trois ans après le début de son exploitation, veut s’étendre encore. Après avoir sécurisé 1200 ha lors de la première phase sur les 4500 ha qui constituent sa superficie, il a besoin du reste de son assiette foncière pour sa seconde phase de développement.

Face à la presse, le Directeur général de l’Aibd, Doudou Kâ a annoncé la réalisation d’un grand projet : Aéroport City. Il s’agit d’un projet de plus de 1000 hectares qui va précipiter l’aéroport dans une autre dimension. Il y a cinq pôles d’activités, dérivées d’activités aéroportuaires. Il s’agit d’un Pôle industrie aéronautique avec la cons­truct­ion d’un centre aéronautique, réservé aux constructeurs aéronautiques qui souhaitent se déployer en Afrique, notamment dans le domaine de la conception, de la fabrication et de la commercialisation des pièces de rechange ou d’outils nécessaires à la maintenance des aéronefs, mais également l’appui aux compagnies aériennes de la sous-région.

Le Pôle formation érigé autour de l’Académie internationale des métiers de l’aviation civile (Aimac), est un projet porté par Aibd Sa. Alors que le Pôle Centre de vie est conçu pour abriter des infrastructures hôtelières, des complexes de loisirs, des parcs d’attraction et des restaurants.

En outre, le Pôle industrie, conceptualisé autour de quatre secteurs d’activités dont l’industrie agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique et médicale, l’industrie automobile et l’artisanat, fait aussi partie de ces projets. Enfin le Pôle logistique a pour cibles les grands groupes de frêt souhaitant faire de l’Aibd leur hub logistique et les entreprises intervenant dans des secteurs comme les activités de groupage, d’emballage, d’étiquetage et de conditionnement.

Ces réalisations risquent d’entraîner le déplacement de certains villages situés dans les communes de Diass et de Keur Mousseu. Directeur de l’Aibd, Doudou Kâ se réjouit du «patriotisme des populations qui ont accepté de se déplacer pour la construction de ce projet d’envergure nationale». Il dit : «Les populations environnantes doivent se sentir dans cet aéroport ». Il a tenté de balayer leurs craintes en annonçant la création de la fondation Aibd dont le budget s’élève cette année à 100 millions FCfa. «C’est une obligation pour toutes les entreprises qui sont à l’Aibd de contribuer dans cette fondation.

Avec cet argent, nous allons accompagner le développement territorial de ces deux communes de Diass et de Keur Mousseu. Ensuite les deux écoles que sont le centre aéronautique et l’Académie internationale doivent donner des bourses chaque année aux fils de ces deux communes. Il y a aussi la construction du dalot de Diass dont les travaux d’un coût de plus d’un milliard seront lancés le 17 février prochain. Il y a aussi le projet zéro déchet en partenariat avec l’Ucg pour prendre en charge les ordures au niveau de la zone péri aéroportuaire parce que cette zone constitue la porte d’entrée du Sénégal», rassure Doudou Kâ, qui a promis d’accompagner les collectivités locales dans leur développement.

«Une partie de Thiambokh dans le Tf de l’Aibd»

Interpellé sur le déplacement des villages qui sont au niveau de l’emprise, M. Kâ précise que les populations qui sont dans l’emprise des 4500 hectares, seront recensées par les préfets et le gouverneur pour être indemnisées. «Nous sommes prêts pour payer les impenses, nous avons besoin de sécuriser l’aéroport, surtout éviter des habitats au niveau des cônes d’envol. Seule une partie du village de Thiambokh est dans le titre foncier de l’Aibd. Le cas de Sakirak concerné par cette situation, une étude sera faite par l’Anacim, si techniquement la présence de ces maisons ne gêne pas, il n’y a pas de raison qu’on les déplace.

Ce qui nous concerne, ce sont les 4500 hectares que nous allons sécuriser et l’autoroute à péage constitue la limite naturelle, c’est une question de sécurité et de sûreté aéroportuaires. Nous allons le faire dans la plus grande concertation, parce que c’est une population qui a fait d’énormes sacrifices et nous avons les mêmes objectifs», enchaîne Doudou Kâ.

En plus des 4500 ha de l’Aibd, l’Etat a aussi sécurisé 4000 ha qui constituent la zone de servitude où la construction est réglementée. Cette annonce du patron de l’Aibd a fait naître des inquiétudes à Diass d’un éventuel déguerpissement du quartier Sakirak qui jouxte l’aéroport. Cheikh Tidiane Diouf, maire de la localité, reste catégorique : «Il n’en est rien ! Non seulement ce point n’est pas à l’ordre du jour, mais les sites concernés sont des morcellements non encore habités. Donc les propriétaires de parcelles nues établies sous les emprises de l’aéroport seront indemnisés conformément aux dispositions législatives et réglementaires en la matière». Il ajoute : «Il n’a jamais été dit, ni envisagé dans aucune réunion ou programme de communication, un probable déguerpissement dans la commune de Diass et cela n’est pas aussi d’actualité ni mentionné nullement lors de la réunion de Thiès.

Par contre, il a été dit à Keur Mousseu, 7 maisons restantes doivent rejoindre les sites de recasement ainsi que 32 autres familles que l’aéroport devrait accompagner au-delà des zones de servitude. A Diass, il s’agit de lotissements et de champs, qui se trouveraient dans le périmètre du titre foncier de l’Aibd, qui doivent être recensés et indemnisés.»

En tout cas, il s’engage à défendre les intérêts des populations au plus haut sommet. «Nous veillerons scrupuleusement à la défense des intérêts de celles-ci. La commune, consciente des convulsions sociales que peuvent entraîner des actes pris à la hâte, a toujours opté pour le dialogue permanent entre l’Administra­tion et la collectivité, pour promouvoir un climat serein propice au déroulé des programmes concertés d’aménagement du territoire local», rassure M. Diouf.

Lequotidien

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