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Développement Local: Une Plateforme dope l’économie des femmes de Diourbel

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Accompagner les femmes dans leurs activités économiques est le vœu de la plateforme Émergence au féminin. Elle offre des formations, des cadres de productions, de commerce et des financements aux femmes de Diourbel. Aujourd’hui, elles sont plus de plus de 2 mille dans la région à s’activer autour des différentes activités de Keur Djiguen gni qui est le centre d’impulsion.

Des machines de transformations d’arachides et de céréales posées çà et là, des sacs d’arachides empilés, des coquilles d’arachides sur des étalages, des bouteilles d’eau de javel et des savons en conditionnement, tel est le décor du Centre Keur Djiguen Gni siège de la plateforme Émergence au Féminin. Située à Khojil derrière les magasins du commissariat à la sécurité alimentaire, à la sortie de Diourbel sur la route de Touba, Keur Djiguen Gni est un complexe de formation, d’entreprenariat et d’achat destiné aux femmes et aux jeunes de Diourbel. « Mon ambition est de participer activement au développement de mon terroir en proposant aux femmes et aux jeunes des activités économies rentables pour booster leur économie et lutter contre le chômage » a déclaré la promotrice de la plateforme l’Émergence au féminin, Fatou Diané.

A l’intérieur des ateliers qui servent aussi de salles de productions, les femmes sont à l’œuvre. Habillées de blouses roses sur lesquelles on peut lire « unité d’huilerie, Émergence au Féminin », Ndeye Cissé et Amie Fall surveillent des unités de transformations dans l’atelier d’huilerie. « Nous produisons plusieurs types d’huiles à base d’arachide, de graines de baobab, de balanite etc » explique Amie Fall. Elle est entourée d’autres femmes en formation et des machines en pleine production. La boulangerie au même titre que l’huilerie est en marche, le boulanger, Abdoulaye Sow, formateur des futures gérantes est minutieusement suivi dans ses manœuvres par Ndébane Ngom, la seule présente ce matin.

Pour écouler le pain, les membres de notre initiative sont les premiers clients et c’est déjà un marché de plus de 200 femmes et leurs familles dans Diourbel commune. Dans chaque quartier « une mère de secteurs » reçoit les pains à 125 F CFA l’unité et les revend à nos différents membres à 150 FCFA renseigne un des responsables de l’administration Mouhamed Fadel Dia. Le respect des normes de poids, de la qualité et des nouvelles réglementations sur la distribution est aussi un défi que nous relevons. C’est des tricycles équipes de cabines hermétiquement fermés qui assurent la distribution des pains. Idem pour les autres produits, nous disposons de munis boutiques un peu partout dans Diourbel, 14 pour l’instant c’est des femmes membres de la plateforme qui vont vendre leurs propres productions. Elles vont rembourser juste le prix d’achat et restent avec leur bénéfice informe M. Dia. En quelques mois, nous avons déjà exécuté deux grandes commandes de 20 mille et de 6 mille bouteilles d’eau s’est réjoui Mohamed Fadel Dia.

L’Émergence au féminin, c’est aussi une école

« Il y’a une dame qui travaille dans la boulangerie, elle faisait ses décomptes en traçant des traits, c’est pour cela que nous avons pris l’initiative d’alphabétiser toutes les femmes pour les amener à être autonome en gérant leurs activités économiques et lutter même contre l’analphabétisme des femmes dans la région de Diourbel. Si nous nous basons sur les chiffres des femmes avec qui nous travaillons, 54 sur 100 femmes ne savent pas lire ni écrire » révèle la chargée de l’éducation et de la formation de la Plateforme Émergence au féminin. Toutes les femmes de Diourbel peuvent s’inscrire dit-elle en poursuivant que l’objectif est de propulser un développement inclusive local. Cependant en guise de motivation l’inscription s’élève à 200 F.

Trois modules sont dispensés : l’alphabétisation pour les permettre de lire et écrire l’enseignement coranique pour une meilleure compréhension de la religion, l’entreprenariat et des formations techniques pour renforcer leurs capacités. « Ça fait presque trois (3) mois que nous avons démarré ce projet et nous sommes à (dix)10 classes fonctionnelles avec des effectifs compris entre 40 et 50 apprenants. Notre but est d’atteindre trois mille (3000) femmes en 4 ans. Nous comptons ouvrir 25 classes chaque année. Déjà dans la commune de Diourbel 15 créations ont été réalisées en 2018 sans compter celles des zones rurales dans la commune de Sambé par exemple.

Senbaol Finance, l’épine dorsale de la plateforme

C’est une mutuelle d’épargne lancée depuis 2008 sur fonds propre par Fatou Diané afin d’accompagner les femmes et les jeunes de Diourbel à avoir une autonomie financière. « Au début c’était des tissus « malicane » que les femmes cousaient puis vendaient au marché pour rembourser sans intérêt. Maintenant, nous avons un agrément et nous finançons tout le monde sans distinction d’appartenance. Nous donnons de l’argent, des motos taxi et des congélateurs » informe la présidente du conseil d’administration de Senbaol Finance Ndeye Marième Fall. Étayant le modus operandi par lequel il procède madame Fall explicite qu’à l’image de toutes les mutuelles, il faut ouvrir un compte à Senbaol pour bénéficier de toutes les offres.

Elle poursuit les motos taxi versent 2 000 FCFA chaque jour durant 6 mois 20 jours ainsi les motos leurs reviennent. Ce qui fait un total de 400 000 FCFA. Récemment pour sécuriser les conducteurs, nous avons mis en place un package, moto taxi, assurance, permis de conduire. Avec ce format, l’individu paye 2 500 FCFA les 3 premiers mois. Les 500 FCFA sont destinés à l’acquisition du permis de conduire. S’agissant des congélateurs, c’est 240 000 FCFA dont 1 000 FCFA le jour pendant 8 mois. Cette dernière est une activité qui nous a permis de mailler toute la région. A ce jour, nous avons introduit plus de 100 congélateurs au niveau de Touba, une cinquantaine à Bambey et plus de 500 à Diourbel commune. Nous faisons cela depuis 3 ans, et les femmes s’y retrouvent. Elles peuvent vendre 10 000 FCFA la journée pour verser 1 000 FCF.
Toutes ces réalisations sont facilitées par des partenaires à savoir le Crédit mutuel Sénégal qui a injecté 400 millions, la compagnie financière africaine 80 millions et dernièrement le FONGIP avec 50 millions informe Fatou Diané.

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