mercredi, septembre 22, 2021
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Michel Sidibé : « Les apports de l’Agence africaine du médicament seront techniques et politiques »

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L’envoyé spécial de l’Union africaine pour l’Agence africaine du médicament, Michel Sidibé, œuvre activement à la mise en place de cette structure. En jeu : la régulation du secteur pour ouvrir la production et donner du poids au continent dans l’arène de la diplomatie sanitaire.

La diplomatie sanitaire est plus que jamais en action. L’ex-ministre de la Santé et des Affaires sociales du Mali et ancien directeur de l’Onu Sida, Michel Sidibé, en a pris son parti. Il s’active sur le terrain pour plaider la cause de l’Agence africaine du médicament (AMA). Chargé, début avril, par l’Union africaine (UA) de la mise en place de cette agence, avec le titre d’envoyé spécial, il a pressé le pas en entamant, un mois seulement après sa nomination, une série de visites qui l’a mené au Mali, au Bénin, au Sénégal, en Guinée, en Sierra Leone, au Rwanda, au Zimbabwe, en Côte d’Ivoire, en Éthiopie, en Tunisie, au Maroc, en Algérie, au Niger, au Cameroun… Son but : récolter le nombre requis de ratifications du traité portant sa création. Son plaidoyer a d’autant plus de résonance que la pandémie de Covid-19 s’est invitée dans la précaire équation sanitaire du continent.

Jeune Afrique : L’Agence africaine du médicament tarde à se mettre en place, comment convaincre vos interlocuteurs de la nécessité de sa création ?

Michel Sidibé : Les leaders politiques ont compris que l’AMA devient une impérieuse nécessité car l’Afrique a besoin d’une industrie de la santé et d’une vision coordonnée. Elle compte 17 % de la population mondiale et a une charge de morbidité disproportionnée. Et elle ne produit que 3 % des médicaments consommés par ses habitants avec des prix parmi les plus chers au monde, du fait des multiples intermédiaires sur les chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques. Quant aux vaccins, 99 % nous viennent de l’extérieur. Sans compter la prévalence la plus élevée au monde de faux médicaments, qui représentent en moyenne 20 % du marché, atteignant 40 % dans certains pays. Pourtant, seules 6 % des dépenses mondiales de santé lui bénéficient. Quand on sait que 54 médicaments peuvent permettre de contrôler 90 % des pathologies africaines et ne font pas l’objet de licence ou de patente, et pourraient donc être produits en Afrique, il est temps d’agir.

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