mercredi, septembre 22, 2021
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Macron au Rwanda pour un discours historique : présentera-t-il les excuses de la France ?

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En visite à Kigali ce jeudi, le chef de l’Etat doit prononcer un discours très attendu au Mémorial du génocide. Si des excuses de la France sont attendues, Emmanuel Macron a réfuté toute idée de « repentance ».

Arrivé ce jeudi 27 mai au Rwanda à l’aube, le président de la République Emmanuel Macron effectue une visite hautement symbolique avec l’ambition de finaliser le processus de réconciliation après plus de 25 ans de tensions diplomatiques liées au rôle joué par la France dans le génocide des Tutsi de 1994.

Le moment le plus important de ce court déplacement interviendra peu après son atterrissage à Kigali : Emmanuel Macron prononcera un discours au Mémorial du génocide, où reposent les restes de 250 000 des plus de 800 000 victimes de l’un des drames les plus meurtriers du XXe siècle.

Quels mots prononcera-t-il au cours de cette allocution d’une vingtaine de minutes ? Ira-t-il jusqu’à exprimer les excuses de la France ? Demander pardon comme l’a fait la Belgique, l’ex-puissance coloniale du Rwanda, dès 2000 ?

« Je ne suis pas du tout dans la repentance »

« La volonté du président de la République de regarder notre histoire, notre passé, en face et en toute transparence est la meilleure manière d’avancer », a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, sans dévoiler la teneur des propos qu’il tiendra devant 150 personnes.

Alors que des personnalités, comme Raphaël Glucksmann, espèrent des excuses afin de « tourner une page honteuse de la vie de notre nation », écrit le député européen dans une lettre ouverte publiée par « Libération » ce jeudi, le chef de l’Etat semble néanmoins réfuter toute « repentance », comme il l’a indiqué dans son long entretien à « Zadig » mardi.

Quels que soient les mots, Emmanuel Macron ira en tout cas plus loin que ses prédécesseurs, en particulier Nicolas Sarkozy, le seul président à s’être rendu à Kigali depuis le génocide de 1994. Il avait alors reconnu de « graves erreurs » et « une forme d’aveuglement » des autorités françaises ayant eu des conséquences « absolument dramatiques ».

Mais ces propos n’avaient pas réussi à normaliser les relations entre Paris et Kigali, qui ont connu depuis d’intenses périodes de tensions.

« Responsabilités lourdes et accablantes » de la France

Le fossé s’est cependant comblé depuis le début du quinquennat avec une série d’initiatives françaises pour sortir de l’impasse. La dernière d’entre elles a été la sortie en mars d’un rapport d’historiens dirigé par Vincent Duclert consacré au rôle de la France au Rwanda avant et pendant le génocide qui a débuté au lendemain de la mort du président Juvenal Habyarimana lorsque son avion est abattu le 6 avril 1994.

Ce rapport de 1 200 pages conclut aux « responsabilités lourdes et accablantes » de la France et à l’« aveuglement » du président socialiste de l’époque François Mitterrand et de son entourage face à la dérive raciste et génocidaire du gouvernement hutu que soutenait alors Paris.

Le président rwandais Paul Kagame a déclaré pouvoir « s’accommoder » de ces conclusions, confirmées ensuite par le rapport d’un cabinet d’avocats demandé par Kigali. « Je pense que, malgré de légères divergences dans leurs conclusions, ces rapports posent des bases solides pour bâtir une meilleure relation entre nos deux pays. Aujourd’hui, nous avons fait 85 % à 90 % du travail pour normaliser les choses, et je ne pense pas qu’il faille perdre du temps sur les 10 ou 15 % restants », a-t-il précisé dans un entretien à Jeune Afrique.

Retour de l’ambassadeur rwandais en France

« Ce serait une très bonne chose qu’Emmanuel Macron présente des excuses », estime Freddy Mutanguha, le directeur de l’ONG Aegis Trust, qui gère le mémorial de Kigali, « mais sa visite et le rapport Duclert sont déjà d’excellents signaux envoyés par la France pour la réconciliation ».

Pour concrétiser cette normalisation, Emmanuel Macron et Paul Kagame, qui tiendront une conférence de presse commune en début d’après-midi, devraient annoncer le retour d’un ambassadeur français à Kigali, où le poste est vacant depuis 2015.

Pour les deux chefs d’Etat, solder le passé permettrait d’ouvrir enfin « une nouvelle page », alors qu’Emmanuel Macron souhaite voir la France peser davantage en Afrique de l’Est, essentiellement anglophone, et non plus seulement en Afrique de l’Ouest.

« J’ai une conviction profonde : au cours des prochaines heures, nous allons écrire ensemble une page nouvelle de notre relation avec le Rwanda et l’Afrique », a tweeté mercredi soir le président français, avant de décoller pour Kigali.

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