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La France se retire du nord du Mali

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Au moment où le sommet du G5 Sahel s’achevait sur une clarification du président français Emmanuel Macron quant au retrait annoncé, voici deux mois, de la force Barkhane, on apprenait que sept Casques bleus de l’ONU au Mali ont été blessés, vendredi, dans l’explosion d’une mine artisanale heurtée par leur véhicule dans la région centre du pays. Le communiqué de la Mission onusienne (Minusma) a précisé que cet incident a eu lieu «à proximité de Diallo, dans la région de Mopti», où se produisent fréquemment de tels drames. «Le chef de la Minusma (El-Ghassim Wane) condamne fermement ces actes lâches qui ont pour but de perturber le déroulement de nos opérations», indique, en outre, le communiqué. L’utilisation de ces engins explosifs improvisés reste l’arme de prédilection des terroristes contre les forces maliennes, françaises et internationales mais elle fait également de nombreuses victimes parmi la population. Cet incident confirme que le Mali est, depuis 2012, un espace permanent des attaques terroristes qui endeuillent la région sahélienne et la plonge dans la tourmente malgré la présence de plusieurs forces internationales et régionales ainsi que le soutien affiché des Nations unies et de l’Union africaine. Présente au Mali depuis 2013, la Minusma est devenue la mission de paix onusienne la plus meurtrie au monde, 150 Casques bleus ayant été tués dans diverses attaques et autres explosions de mines. Toujours est-il que le sommet du G5 Sahel a donné lieu à l’annonce du retrait des forces françaises de Kidal, Tessalit et Tombouctou, trois places fortes du nord du Mali où la lutte contre le terrorisme n’avait pas de véritable consistance, et où se joue en force la mise oeuvre efficiente de l’Accord de paix issu du processus d’Alger. Ceci permettra à Barkhane de concentrer ses efforts sur la région des «trois frontières» où se déroulent les nombreuses attaques terroristes, souvent meurtrières. Comme aussi, il a abouti à la désignation du représentant permanent du Burkina Faso auprès des Nations unies, Eric Yemdaogo Tiaré, comme nouveau secrétaire exécutif du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad), selon la déclaration du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry. Il remplace le Nigérien Maman Sidikou, ayant bénéficié d’un consensus entre les présidents des pays membres du G5 Sahel réunis en visioconférence. Diplomate de carrière, il a occupé le poste d’ambassadeur en France d’août 2013 à décembre 2015 avant de rejoindre le siège des Nations unies. Il se murmure que sa tâche principale sera de rechercher des financements pour la force conjointe engagée contre le terrorisme dans la région sahélienne, une des épines qui préoccupe au plus haut point la France et les autres pays membres. Quant à la présidente tournante du G5 Sahel, elle est toujours au profit du Tchad, Mahamat Idriss Déby ayant succédé à son père Idriss Itno Déby et signant, par-là même, le communiqué final du sommet virtuel.

 

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