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Contre l’état d’urgence : quand le sénégalais s’impose par la violence !

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Depuis l’annonce de l’état d’urgence en plus du couvre-feu, par le Chef l’Etat Macky SALL, dans les régions de Dakar et de Thiès, les jeunes envahissent les rues de la capitale et de sa banlieue à partir de 21h, heure du début du couvre-feu, pour montrer leur désaccord face à cette mesure. Ils font face aux forces de l’ordre qui leur lancent des grenades lacrymogènes en réplique aux pierres que ces dernières essuient. Ces manifestants barrent les grandes routes, allument des feux sur la voie publique et se livrent parfois à des saccages sur la voie publique. Policiers et jeunes réfractaires à l’état d’urgence s’affrontent presque toute la nuit.

Ces jeunes se défoulent, après ils vont arrêter leurs bêtises, selon une certaine opinion qui ne semble pas comprendre la dangerosité de la Covid-19. Cependant, en ayant l’habitude de faire face aux forces de l’ordre, ces jeunes finissent par démystifier la police. Ils finiront par ne plus avoir peur des matraques, des grenades, des gardes à vue… Un risque majeur que l’Etat fait semblant d’ignorer et dont les conséquences peuvent être fâcheuses.

Affrontements, la barbarie sénégalaise

On dit toujours que le sénégalais est pacifique et a tendance à reculer face au danger mais, en affrontant les forces de l’ordre tout le temps, ces jeunes apprennent à vaincre leur peur. Ils apprennent à régler leurs comptes par la violence. Ils apprennent l’art de vaincre, de se défendre par la violence.

Pour le moment, il n’y a pas de soucis à se faire, car, les émeutes n’ont pas assez d’ampleur, pensent certains de nos compatriotes. Mais, il faut s’en soucier, on est assis sur une poudrière, il suffira d’un geste de trop des forces de l’ordre ou des jeunes pour que les choses dégénèrent.

Aujourd’hui, la police repoussée par les manifestants tire des coups de sommation pour les faire reculer, mais demain, elle fera quoi ? Des jeunes ont envahi la police de Guinaw-rail, dans la banlieue dakaroise, ils ont saccagé le commissariat et caillassé des véhicules en stationnement. Est-ce normal ! Et si cette police riposte, qu’adviendra-t-il ? La réponse ne saurait couler de source. Evitons donc la violence. Ne nous imposons pas dans la barbarie…

…impose l’apprentissage de la violence à son peuple

L’Etat ne recule jamais au risque d’apparaitre faible face aux citoyens. On a l’impression, que la toute-puissance publique apprend aux sénégalais à s’imposer par la violence quel qu’en soit le prix. Il prend des décisions indiscutables. Il impose de force aux populations ses décisions. Nous ne parlons pas de cette décision prise pour lutter contre le covid-19. Une décision que nous saluons, mais son applicabilité qui doit tenir de plusieurs facteurs sociologiques pose problème. Nous parlons ainsi dans le cadre général. Dans les domaines : politiques, sociales, religieux…, l’Etat du Sénégal a tendance à imposer sa volonté et montrer à tout le monde son pouvoir décisionnaire.

Pourquoi ne pas communiquer avec tous les segments de la société, impliquer les gens dans la gestion de la cité. Les décisions prises concernent les sénégalais. Il est possible d’en discuter par plusieurs canaux dont les ASC, des medias, les leaders religieux, les organisations communautaires pour retrouver la cohésion sociale. Aujourd’hui, ce sont les policiers qui sont dehors, qui tirent des coups de sommation pour raisonner les jeunes. Mais demain, si les choses s’empirent, il y aura l’armée et la gendarmerie dehors, et elles n’hésiteront pas à dépasser les coups de sommation, pour enfin dégainer pour de vrai.

Apprenons à communiquer pour le bien du pays. Personne ne détient l’unanimité dans ce pays et le rôle de l’Etat, c’est d’apporter des solutions aux problèmes des Sénégalais.

 

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